Le test de grossesse de l’antiquité à nos jours

Le test de grossesse

Historique

Le test de grossesse était déjà connu chez les Egyptiennes de l’antiquité (lire notre article Peseshetces hommes et femmes qui ont fait progresser la médecine). Longtemps oubliée ou prohibée, l’utilisation d’un test de grossesse fut remise à l’ordre du jour à la fin du 19ème siècle par Lancelot Thomas Hogben, zoologiste et généticien britannique. Le test dérivait de ses observations concernant la procréation des tritons et des grenouilles. L’injection d’urine humaine féminine à la grenouille du genre Xenopus (grenouille apte à pondre toute l’année) permettait de déterminer s’il y avait grossesse ou pas. En effet lorsque l’urine contenait l’hormone hCG (hormone gonadotropine chorionique humaine) en suffisance, elle déclenchait la ponte de l’animal. Aussi la femme était considérée comme étant enceinte.

Dans les années cinquante un autre test fit son apparition. Le but était d’injecter l’urine féminine dans l’ovaire d’une lapine. 48 heures plus tard la lapine était sacrifiée. L’analyse des ovaires dont la couleur se modifiait permettait de déterminer une grossesse éventuelle. Aujourd’hui la technologie a permis une évolution radicale de la détection d’une grossesse en se basant sur des analyses immunologiques en utilisant les anticorps monoclonaux et polyclonaux découverts au début des années soixante. Mais le principe de base reste toujours le même: déterminer la présence de l’hormone de la grossesse hCG.

La β-hCG

L’hormone bêta-gonadotropine chorionique humaine est l’hormone de la grossesse. Sa présence évolue rapidement durant les trois premiers mois de la grossesse pour un pic maximal (environ 278’000 UI/ml/urine) atteint vers le troisième mois, ensuite petit à petit la β-hCG diminue pour un recouvrir un taux de quelque 3’000 à 100’000 UI/ml/urine avant l’accouchement. L’unité internationale créée (UI/ml) correspond à l’évolution de l’hormone excrétée qui se définit en sensibilité pour un test de grossesse (capacité d’un test à déterminer l’hormone). En résumé, plus un test est sensible plus l’expression de détermination de l’hormone, UI/ml,  est bas. La majorité des tests vendus sur le marché ont une sensibilité se situant entre 20 et 50 UI/ml/urine. Ce qui revient à dire qu’ils sont tous plus ou moins précoces puisque le taux moyen de 50 UI/ml/urine est atteint 12 jours après la fécondation soit 2 jours avant le premier jour des règles présumées pour autant que l’on utilise par sécurité l’urine la plus concentrée de la journée, donc la première du matin. Il existe aussi des mesures sériques encore plus précises lorsque la quantité d’hormone est très faible ou à contrario très élevée. Ces mesures de la β-hCG sérique et son suivi permettent dans certaines circonstances de prévenir les fausses couches, les accouchements prématurés; de discerner une éventuelle grossesse extra-utérine et même dans certains cas une grossesse gémellaire.

Le taux de β-hCG normal ou physiologique avant la grossesse se situe à environ à 4 à 6 UI/ml/urine et peut être plus élevée après l’accouchement pour une durée indéterminée de quelques semaines.

Un test de grossesse immunologique

Il repose sur l’affichage de la réaction se produisant entre un anticorps monoclonal, parfois des anticorps polyclonaux (anticorps anti-hCG obtenu par immunisation chez l’animal) et un antigène.

En présence d’hCG contenue dans l’urine de la femme enceinte, l’anticorps anti-hCG réagit avec l’antigène.

Il existe des tests qualitatifs et quantitatifs. Le test de grossesse le plus utilisé est le test immunologique  de chromatographie rapide. C’est le test que l’on achète en pharmacie ou droguerie et que l’on utilise par excellence à titre personnel. Les mêmes tests sont utilisés comme première intention dans le diagnostic de la grossesse en cabinets médicaux. Des tests immunologiques plus sophistiqués et quantitatifs sont pratiqués en laboratoire lorsqu’un doute de grossesse persiste ou lors de suivi médical de la β-hCG.

En général, le test se présente sous la forme d’une bandelette qui se colore et sur laquelle migrent les réactifs et le colorant en contact avec l’urine. Un trait ou un signe de contrôle coloré se présente à la fin de la migration. Il indique que le processus de migration a bien fonctionné et que la quantité de liquide était suffisante. Un autre trait ou signe se présente avant la marque de contrôle si la réaction devait être positive. Le test donne une réponse fiable de l’ordre de 95 à 99% si il est pratiqué dans de bonnes conditions. La plupart des bandelettes est enrobée d’un support de « confort » qui peut avoir la forme d’un stylo ou d’une carte. Il existe des tests de grossesse électroniques qui sont composés d’une cellule qui interprète la lecture de fin de réaction. Mais le principe reste le même. Il en va de même de leur fiabilité et de leur sensibilité.

schéma du principe d’un test de grossesse immunologique qualitatif

Le test de grossesse: son fonctionnement
le test de grossesse monoclonal

L’utilisation du test de grossesse immunologique rapide dans la pratique courante

Comme on l’a vu le test de grossesse moderne est d’une grande fiabilité, facile à utiliser, rapide et pourtant il faut tenir compte de quelques facteurs qui ne sont pas liés forcément aux caractéristiques de la plupart des tests de grossesse mais plutôt au comportement de celui ou de celle qui le manipule.

En premier lieu, la haute sensibilité d’un test qualitatif a ses limites. Les tests de moins de 20 UI/ml/urine se trouvent dans une zone d’erreurs importante. D’une part leur sensibilité est trop proche de  la zone physiologique du taux hormonal et d’autre part vue les variations d’hCG contenue dans l’urine de toute la journée, surtout en début de grossesse, font que les incertitudes du résultat obtenu sont élevées.  Sans compter que la sensibilité indiquée d’un test de grossesse qualitatif est calculée avec une marge d’erreur de 5 UI/ml/urine. Le pronostic d’erreurs de ces tests hautement sensibles est de l’ordre de 35 à 40% les quelques mois qui suivent un accouchement ou durant les 10 premiers jours qui suivent la nidation (implantation de l’embryon dans l’utérus) si l’urine est fortement diluée.

La tentation de pratiquer un test de grossesse toujours plus précocement avive l’ingéniosité des fabricants qui proposent des tests trop sensibles ou sans information particulière pour en arriver à ce qui pourrait être considérer comme irresponsable en les vendant comme des barres chocolatés dans des automates. Alors que chacun le sait, quelque soit la réponse, une réponse positive ou négative nécessite toujours un accompagnement voire un encouragement et que ce n’est pas en banalisant cet instant important pour une femme que l’on peut vendre n’importe quoi et n’importe comment en prétextant lui rendre service.

Ce qu’il faut en outre considérer c’est que durant les premières semaines qui suivent une nidation, l’expulsion de l’embryon est toujours possible. Elle est maximale durant les premiers jours qui suivent la nidation. On appelle cela « avortement spontané ». Ainsi un test peut être positif si on le pratique  précocement et négatif quelques jours voire quelques semaines plus tard.

Il incombe donc aux professionnels de la santé de présenter les avantages de l’instrument de détection utilisé afin qu’il soit employé correctement et apporte la réponse souhaitée avec le maximum d’exactitude. L’idéal serait donc de patienter jusqu’au premier jour de retard des menstruations et d’utiliser l’urine la plus concentrée. Les garanties du test seront observées et chacun s’en trouvera satisfait.

Par ailleurs, il est fortement recommandé aussi d’éviter une grande consommation de vitamine C et de liquide 24 h avant de pratiquer le test. Ainsi les erreurs de détection seront quasiment nulles.

Il faut savoir qu’en cas de doutes élevés, de douleurs, de troubles du comportement liés à une éventuelle grossesse qu’il vaudrait mieux consulter rapidement son médecin plutôt que de persister dans l’achat de nouveaux tests. Nulle n’est à l’abri de complications ou de problèmes plus graves comme une grossesse ectopique (extra-utérine) qui peut donner de faux négatifs vue une progression extrêmement lente de la β-hCG.  Et dans ces cas, il n’y a que le gynécologue qui permettra d’apporter la réponse appropriée.

Remarques:

- notre test de grossesse de 20 UI/ml/urine est vendu à un prix très abordable (9.50 à 13.00 CHF/1 test  – 16.00 à 19.00 CHF/2 tests) dans les pharmacies et drogueries suisses.

- les informations concernant le test et les questions les plus fréquentes s’y rapportant sont aussi à votre disposition sur notre site.

- un test qualitatif est un test qui donne une réponse par « oui » ou « non » – « positif » ou « négatif ». A contrario un test quantitatif exprime la quantité exacte de hCG contenue dans l’urine ou le plasma. Les tests rapides vendus en pharmacies sont des tests qualitatifs.

- les commentaires concernant l’utilisation et la vente d’un test de grossesse n’engagent que le webmaster. Ils se réfèrent aux lectures des divers blogs, forum et questions que se posent les utilisatrices des tests de grossesse achetés en pharmacies, drogueries et supermarchés. En outre, confronté aux diverses incertitudes posées dans la pratique,  il constate qu’aujourd’hui encore, et ce malgré une banalisation de l’usage d’un test de grossesse à pratiquer à domicile, les doutes et les questions ne s’estompent pas pour autant. Ce sont dans ces cas présentement que le conseil d’un professionnel prend toute sa valeur pour autant que dialogue il y aura.

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